Respect

4 octobre 2010 - 15:08

Un grand bravo à J.Meunier pour son premier marathon

20° sur 950 participants en 3h00mn59s !!!!!!!

Respect à notre ex papy de l'équipe A et un grand moment avec son commentaire à chaud sur son experience !!!!

Jérémy Meunier
je suis passé par tous les sentiments, frissons, plaisir, fierté et douleurs physiques et mentales jusque là encore inconnues, celles d'un 10 kms où d'un semi sont très différentes.
Etant mon 1er marathon je n'avais aucune idée de la façon a...vec laquelle j'allais gérer ma course, j'avais bien une petite idée car avec mes perf' sur 10kms et semi + mes tests effectués en club on évalue un temps sur marathon mais c'est très théorique et surtout c'est dans le cas où tout se passe bien...donc temps théorique pour moi 3H ça fait du 14,100 kms/h je décide donc je suivre le meneur d'allure (où lapin) à 3H
Par ex pour 3H, les meneurs d’allure sont des coureurs qui progressent à allure régulière de manière à franchir la barre mythique des 3 heures permettant à coup sûr d’atteindre l’objectif en temps, visé au marathon. Il en existe pour 4H30 4...H15 etc jusqu'à 3H après 3H, ça n'existe pas car c'est un autre monde...
On se retrouve donc à une quinzaine de coureurs avec le meneur d'allure, et la première chose qui me frappe c'est le silence dans le peloton, le sérieux et la concentration des coureurs, on entends juste les chaussures qui frappent le macadam et les souffles plus où moins forts...une femme avec nous, qui sera la chouchoute du meneur d'allure, les premiers 10 kms en 42 min se passent super bien, le semi en 1H30 pile poil sans pépins, le meneur respecte les chronos pratiquement à la seconde près, d'ailleurs il a les temps au kilomètre collés sur le poignet.
Je ne rate aucun ravitaillement, eau et banane à chaque fois.
Je crois me souvenir que juste après le semi on a attaqué la ligne droite des stands et là c'était magique, il devait y avoir une grosse dizaine de coureurs (les meilleurs) devant... nous mais très éparpillés, du coup quand le public à vu notre peloton arrivé (le 1er peloton de la course qu'il voyait) il nous a applaudis et encouragés pendant toute la ligne droite. A cet instant j'était en première ligne aux côtés du meneur d'allure et j'étais pas peu fier d'être aux avants postes! du coup on oublie un peu la tactique et la façon de courir, les jambes pédalent toutes seules et la cadence augmente sans le vouloir, pour couronner le tout le meneur d'allure encourage son groupe en criant "allez!" toutes les 10 où 15 sec, ça plus les encouragements du public, les motos et les photographes avec nous, on se serait pris pour des pros...frissons garantis, premiers instants magiques...
Je pense déjà au mur qui menace le marathoniens à chaque instant.
«Frapper le mur », cela arrive le plus souvent entre le 31ème et le 35ème kilomètre du marathon, Subitement on a l’impression qu’une résistance invisible nous bloque, on ne peut plus poursuivre notre effort normalement, nous sommes privés de force, sensation de jambes coupées, une chute soudaine de sa vitesse alors que, par ailleurs, tout va bien. Rien ne peut relancer la machine. Il s’agit d’un épuisement des réserves en glycogène, carburant indispensable au muscle pour soutenir un effort important et donc une vitesse de course rapide en rapport avec le niveau d’entraînement, bref c'est humain mais quand ça arrive il reste une dizaine de kilomètres à courir, qui vont être longs car nous devons considérablement réduire l’allure, marcher et le plus souvent...abandonner.
Je me sens donc super bien, trop bien peut-être je pense toujours à faire le moins d'efforts et à courir le plus naturellement possible, on m'a dit que j'avais une foulée "économique" c'est déjà ça! je fais attention quand même, j'utilise m...es bras au maxi.
Nous sommes un peu après le semi et la femme commence à souffler de plus en plus fort, elle est en première ligne, qqun lui conseille de venir au milieu du groupe pour la protéger du vent ça parait pas mais c'est super important car on économise les efforts et sur 42kms195 c'est pas rien...elle tiendra 2 kms comme ça puis lâchera le groupe, on ne la reverra jamais.
Jusqu'à 30 kms, je suis "facile" même si des douleurs aux mollets me gênent un peu, je suis très bien dans le rythme. Après les 30 kms ça commence à être dur pour certains, les ravitaillements sont très importants mais cela casse le rythme, de 14 kms/h on passe subitement à 13 kms/h, le meneur d'allure lui n'attends pas et prends 10 mètres à chaques fois, et là on se dit que s'il part sans moi je suis foutu...donc à chaque ravitaillement faut faire un effort considérable, faut remettre une couche avec dans la main une bouteille, une banane, faut boire et manger en même temps bref on fait beaucoup d'efforts pour revenir dans le rythme.
Après 30 kms, j'ai rajouté du sucre dans mes ravitaillmements j'anticipe le mur qui peut arriver d'un instant à l'autre...
A cet instant nous ne sommes plus que 7, les hommes sont tombés comme des mouches, on a l'impression d'être une machine, une machine qui avance sans broncher et qui n'attends pas les malheureux, je me dis t'inquiètes, ton tour viendra...
Le meneur d'allure est déconcertant, il court avec une bouteille dans chaque main, propose au reste du groupe de l'eau, il nous encourage toujours en criant "Allez" dans les moments difficiles, je kiffe grave, je suis avec des bonhommes qui maitrisent, qui s'entrainent durs comme moi, là on y est! ça c'est du sport!
Les coureurs en relais (Equipe de 3 coureurs qui font chacuns 14kms) qui sont partis après nous mais qui ont une partie du parcours en communs avec nous, sont avalés sans pitié par notre rouleau compresseur, certains s'éffacent devant nous et nous encourage en criant "allez les 3h!!!" là encore je suis fier d'être là avec mes "potes de galère", on en croise aussi qui courrent dans le sens inverse et qui après avoir vu le drapeau du meneur d'allure (3H) voler au vent nous encouragent à fond, on sent du respect dans leur façon de nous regarder.
Le parcours est agrémenté de différents ateliers d'animations qui le temps d'un instant nous font penser à autre chose...
Jusqu'à 35 kms je souffre j'ai les mollets explosés mais ça va, je suis pressé de voir les 40 kms, et surtout, toujours pas de mur!
Je crois qu'après les 35 kms on a attaqué une partie boisé, du coup des nids de poule, des faux plats montant...s, du sable comme si on avait besoin de ça à cet instant.
Là ça commence à être vraiment dur, j'ai les yeux rivés sur le sol pour éviter les trous, les flaques d'eau, le sable, je ne suis plus concentré sur ma façon de courir, je fais des efforts supplémentaires, je perds de l'énergie mais je fais tout pour reste coller au groupe si je les lâche je suis mort.
En sortant du bois nous ne sommes plus que 4 avec le meneur d'allure, nous sommes à 37 kms.
Je maintiens mon allure mais je ne suis plus "facile", je commence à lutter, je ne pense qu'à une chose, ma façon de courir et garder le meneur d'allure à 1 mètre maxi, ça parait super court mais à 5 mètres je suis sur que dans la tête on abandonne. Ma foulée est de moins en moins naturelle, j'ai l'impression de ne plus avancer mais je suis toujours à 14 km/h, le "lapin" nous encourage, nous conseille nous fais tenir, il m'impressionne. On dit que pour être un bon « lapin », il faut être capable de courir le marathon 30 à 45 minutes plus rapidement que le temps dont il a la responsabilité, ça laisse rêveur...
Le panneau 39 kms est en visu, je fais le calcul vite fait dans ma tête, à peu près 4 min au kilo x 3kms (12 min), allez, il me reste 15 min d'efforts maxi, je me dis que c'est rien du tout! sauf que là on est sur du faux plat depuis pas mal de temps et j'ai vraiment mal, les mollets le bas du dos, les bras, nous ne sommes plus que 4, je me dis je suis si prêt de ces putains de 3H, si je les fais je serai trop fier de moi, je ne peux pas lâcher maintenant, sauf que ça fait depuis les 37 kms que je me dis ça...mais toujours pas de mur!
Et c'est là que les 40 bornes arrivent...nous sommes en montée, je fais des efforts considérables pour ne pas lâcher la machine, à cet instant le gars à gauche du meneur place un "pétard" (jargon course à pieds) c'est à dire qu'il accélère d'un seul coup et nous laisse sur place pour finir sous les 3H, je me dis "le truc de fou"...
Je fais la grimace, ya plein de monde mais je m'en fout, je suis mort, on nous encourage, on nous applaudit, on nous crit dessus, le meneur sait que c'est très dur et lâche des "Allez" à tout bout de champ, j'en peux plus, ça monte mais j'ai plus de jus, je commence à avoir des vertiges, un mal de jambes incroyables, je n'avance plus, la distance entre mes 2 camarades de course et moi augmente de plus en plus, je ne peux plus accélérer, ça y est je frappe le mur, je suis largué c'est l(heure, c'est mon tour.
Et là c'est dans la tête que ça se passe, encore plus que pendant les kms précedents, il faut un mental d'acier car c'est pas l'envie de marcher qui manque...mais si on marche on gâche tous les efforts fournis depuis le début, des abandons on en a vu pourtant...
Et comme si le faux plat n'était pas suffisant voilà que j'aperçois une belle montée...(la descente du dunlop qu'on à pris à l'envers) là je vous passe les détails je sais pas comment j'ai fais pour la monter... en haut du calvaire j'aperço...is le panneau "ARRIVEE", j'aperçois et j'entends la foule, et cerise sur le gateau ça termine en descente ça y est j'y suis, plus que quelques mètres d'efforts.
Le public est des 2 côtés de la piste, ils me crient dessus et m'applaudissent, j'ai l'impression d'être un héros!
Je me retourne je suis seul, personne derrière, j'entame la descente en fermant les yeux c'est trop dur, mais comme par magie mes jambes sont revenues, ma foulée s'emballe, je regarde le public pour me booster, j'en ai des frissons, j'entends un "Allez jérémy!!!!!!!" je tourne la tête, un pote que j'avais pas vu depuis plus de 10 piges, je tends le doigt vers lui, c'est excellent!
Et là je passe enfin cette ligne d'arrivée tant attendue, j'arrête mon chrono mais je ne regarde même pas le temps que j'ai fais, je suis plié en 2 les mains sur les genoux, j'ai trop mal partout mais vraiment mal, faut avoir fais un marathon pour savoir franchement...je veux aller boire mais je n'arrive même plus à avancer, après 3H sans s'arrêter mon corps ne réagit plus de suite après l'arrêt.
J'arrive tant bien que mal à avancer pour aller chercher à boire, puis aperçoit les 2 lascars avec le meneur d'allure ensemble, ceux avec qui j'ai fais les 95% de la course, on s'est instinctivement tous tapé dans la main puis on c'est tous félicité, moment magique! beaucoup de respect.
A ce moment je regarde ma montre, 3H00'59, je suis trop fier de moi et je me dis aussi que je suis trop fort (j'assume!), je découvrirai dans l'après midi mon classement, verdict 21ème sur plus de 950 participants (756 classés), ma première réaction fut la suivante : énervé de ne pas être 20ème... (on en veut toujours plus...)
Bilan, une énorme souffrance mais une énorme expérience, un sport individuel mais une solidarité exemplaire qui dresse les poils, à renouveler mais pas de suite...pour mon premier marathon je suis trop fier de moi!
NOUS AUSSI RESPECT MR MEUNIER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Commentaires

MichMich3 13 octobre 2010 21:37

Bonsoir, Bon !!Ben!!ça s'est fait!!!!! A+

meun's 13 octobre 2010 21:35

On peut pas être chasseur et avoir la larme à l'oeil! ;) Bisous à la famille Karine

Staff
pipiche
pipiche 4 octobre 2010 23:13

En voyant le Boss jme disais le Djé la larme à l'oeil : impossible ou au pire il le dirait pas !!!!!!!!!!!!!! J'avais raison !!!!!!!!! Bienvenue sur le site Karine !!!!!!

leboss 4 octobre 2010 23:07

Grand bravo , Jérémy !!! En lisant tes exploits j'en avais la larme à l'oeil et les frissons (eh pourtant je ne fais pas partie de la vieille école). Tes 2 femmes devaient être fières de toi. Merci de nous l'avoir fait revivre. Biz à vous 3. Karine

meun's 4 octobre 2010 21:26

Attends t'es pas mal non plus!!!!!!!!!!!

Staff
pipiche
pipiche 4 octobre 2010 21:23

Au tel avc le kiss , épaté par ta perf et tes talents de narrateur !!!!!!!!!!!!!!!!

meun's 4 octobre 2010 21:14

Olive la larme à l'oeil moi j'ai faillit l'avoir en course tellement des fois c'était énorme!

meun's 4 octobre 2010 21:12

Merci mon mimi! (oh c'est mignon => Dixit Aïcha qui est à côté de moi) :)

meun's 4 octobre 2010 21:10

Purée j'arrive sur le site et je vois notre photo avec le lalouxe! merci Olive, et puis en même temps je me rends compte de la longueur du texte!!! faut être courageux pour lire... Merci les gars je referai pas ça tous les 4 matins! lol

MichMich3 4 octobre 2010 21:10

Bonsoir à tous les trois, Tout d'abord bravo Jérémy. En effet je viens de lire ton commentaire pour ton premier Marathon, et je te félicite pour ton excellent chrono. Super résumé pour nous faire revivre pas à pas tes 42,195 KMS. Ce texte me rappelle les efforts "solitaire" qu'il faut accomplir pour de longues distances!!!!!! Dans ce genre d'épreuve il faut avoir des jambes et surtout un mental d'acier!!!!! A méditer!!!!! Et pour terminer bisous à Aicha et Lou-Rose. A+

Staff
pipiche
pipiche 4 octobre 2010 20:56

Idem , on sent la vieille école Kiss !!!!!!!!!!!

Staff
jackiss
jackiss 4 octobre 2010 20:44

TROP FORT...J'TE GARANTIE Ton temoignage m'a mis la larme a l'oeil.CHAPEAU BAS mon meun's

doberman 4 octobre 2010 16:47

Chapeau Meun's!!!!!!!!!!!Rien a rajouter.

REJOIGNEZ ASM !

L'ASM est actuellement à la recherche de joueurs pour étoffer nos trois équipes SENIORS qui évoluent en D2, D3 et D4.

Contactez le responsable seniors LUDOVIC GUIMIER au : 06 61 54 30 35

 

A très bientôt à AS LA MILESSE où règne une très bonne ambiance et un projet ambitieux !

 

 

CONVOCATIONS VETERANS

DIMANCHE 26 MARS - 9H00

Déplacement à MULSANNE

 - RDV 8h15 à Mulsanne ou 7h50 au stade -

BARDOR Nicolas
BLIN Franck
BOULLEAUX Guillaume
CHAMBRIER Eric
CHOPLAIN Pierre-Yves
CHOPLIN Gilles
COLLOMP Pascal
DROUET Mickaël
LEGROU Yoann
MONTEBRUN Christophe
OLIVIER Godefroy
PARME Arnaud
PAUMIER Nicolas
RAGOT Mickaël

ARBITRE ASSISTANT: Michel BOITIERE

Aucun événement